Le cauchemar de Daniel Rodriguez a débuté par un simple oubli lors d'un passage frontalier. Alors qu’il partait en vacances après sa victoire contre Kevin Holland lors de l'UFC 318 en juillet dernier, le Californien a été intercepté avec moins d'une once de marijuana. Ce qui s'apparentait à une erreur de parcours a basculé quand les autorités mexicaines l'ont suspecté de trafic de stupéfiants. Malgré ses tentatives de régler la situation immédiatement avec de l'argent sur place, la garde nationale n'a rien voulu savoir et l'a placé en détention.

L'immersion dans l'univers carcéral mexicain a été un choc brutal pour l'athlète de haut niveau. Jeté dans une cellule prévue pour six personnes où s'entassaient vingt-cinq détenus, Daniel Rodriguez a passé ses douze premiers jours à dormir à même le sol dans une insalubrité totale. Sa notoriété dans l'octogone a rapidement fait de lui une cible. Si certains gardiens lui demandaient des photos, d'autres prisonniers cherchaient à le tester. Il a finalement pu intégrer une section VIP, servant officieusement de garde du corps à un détenu influent en échange de sa sécurité.

La malnutrition a été son plus grand adversaire durant ces huit mois d'isolement. Privé d'une diète de sportif, il a vu sa condition physique s'étioler, au point de se sentir affaibli par des rations minimales. Pour ne pas sombrer mentalement, il a soudoyé des surveillants afin d'obtenir un sac de frappe et du matériel rudimentaire. Ses deux seules sorties hebdomadaires dans la cour se résumaient à un marathon solitaire pour maintenir son cardio, sous le regard incrédule des criminels locaux.

Le soutien de la communauté du MMA a été déterminant dans ce bras de fer avec une justice mexicaine sans aucune urgence administrative. Des figures comme Yair Rodriguez et Brian Ortega ont activé leurs contacts, tandis que l'UFC et son équipe de gestion tentaient d'intervenir auprès d'un gouvernement inflexible. Malgré plusieurs audiences reportées qui laissaient craindre un maintien en cellule jusqu'à l'été, sa défense a fini par obtenir sa libération officielle il y a quelques jours.

Désormais libre, le combattant de trente-neuf ans refuse de perdre une minute de plus. Il ne montre aucun intérêt pour une revanche contre Kevin Holland, estimant que ce chapitre est clos. Son ambition reste intacte : il vise désormais Leon Edwards. Persuadé que trois mois de préparation sérieuse effaceront les stigmates de la prison, Daniel Rodriguez compte bien prouver que sa résilience et sa puissance de KO sont restées intactes malgré cette épreuve.