Le président de l'UFC, Dana White, l'avait laissé entendre depuis plusieurs années : un changement radical se préparait pour le système de classement de l'organisation, jusqu'ici géré par les votes des médias.

Le 22 juin dernier, le leader mondial du MMA a officialisé la transition en lançant les nouveaux « Meta UFC Rankings ». Développé en partenariat avec le géant technologique Meta dirigé par Mark Zuckerberg, ce système utilise un algorithme basé sur l'intelligence artificielle pour déterminer le top 15 des onze catégories de poids de l'UFC (huit masculines et trois féminines). Dans la foulée, l'organisation a totalement supprimé son classement toutes catégories confondues (pound-for-pound).

« Je n'étais pas satisfait des classements et j'ai toujours été convaincu qu'il existait une meilleure méthode », a déclaré Dana White dans le communiqué officiel. « Nous avons toujours été une entreprise tournée vers la technologie et l'innovation. Désormais, nous avons collaboré avec Meta pour intégrer l'IA directement dans notre système de classement. Je suis ravi de voir comment cette innovation va transformer le sport pour les fans et les athlètes. »

Mark Zuckerberg a lui aussi partagé son enthousiasme :

« Je suis ravi de travailler avec Dana et l'UFC pour bâtir un système qui analyse les performances des combattants à un niveau beaucoup plus profond, permettant de créer des classements plus transparents et précis. »

Bien que les classements des médias restent accessibles pour le moment, ils ont vocation à disparaître définitivement au profit de l'algorithme. Problème : pour sa mise en route, ce nouveau système informatique s'avère être un véritable fiasco, truffé d'incohérences flagrantes.

Comment fonctionnent les « Meta UFC Rankings » ?

Sur le papier, la formule de l'UFC et de Meta présente des arguments solides visant à éliminer les biais humains et les jugements subjectifs des journalistes :

  • Poids des victoires : Battre un combattant bien classé rapporte plus de points que de battre un athlète moins en vue.
  • Manière : Un arrêt avant la limite face à un membre du top 5 a plus de valeur qu'une décision serrée contre un combattant non classé.
  • Récence et activité : Les combats récents sont prioritaires, et des pénalités d'inactivité automatiques sont appliquées pour éviter que des athlètes « gèlent » leur position sans combattre.

Pourtant, la réalité des chiffres offre un spectacle bien moins reluisant.

Des aberrations en cascade dans toutes les catégories

En parcourant les différents classements, les anomalies sautent aux yeux des observateurs et font déjà grincer des dents.

Chez les poids mouches (125 livres), Kevin Borjas (10e) et Mitch Raposo (11e) ont fait une entrée fracassante dans le top 15 malgré des bilans négatifs à l'UFC (respectivement 2-4 et 2-3). Borjas profite d'une victoire surprise sur Andre Lima, mais lors d'un combat où il avait manqué le poids, une faute professionnelle normalement sanctionnée. Quant à Raposo, il se retrouve classé devant Sumudaerji, alors que ce dernier l'a battu il y a seulement deux combats.

La sévérité de l'algorithme pose aussi question chez les poids coqs : Aiemann Zahabi a chuté de la 6e à la 12e place suite à son revers contre Sean O'Malley, balayant d'un coup sa série précédente de sept victoires consécutives. Chez les poids légers, Paddy Pimblett a été relégué au 8e rang après sa défaite serrée face au champion Justin Gaethje, se retrouvant derrière le grand espoir Quillan Salkilld.

Le système informatique semble également ignorer complètement les confrontations directes passées :

  • Poids mi-moyens : Carlos Prates devance Ian Machado Garry, et Joaquin Buckley devance Kamaru Usman, alors que Garry et Usman s'étaient imposés face à eux l'an dernier.
  • Poids moyens : L'étoile montante Bo Nickal est propulsée à la 12e place, trois rangs devant Reinier de Ridder, qui l'a pourtant soumis l'année dernière.

Enfin, les incohérences les plus folles touchent les catégories les plus lourdes. Chez les poids mi-lourds, l'ancien champion Jan Blachowicz s'écroule à la 15e place malgré des défaites ultra-serrées face à l'élite. Chez les poids lourds, Alex Pereira apparaît au 4e rang de la division alors que son unique apparition dans cette catégorie s'est soldée par un KO subi face à Ciryl Gane.

Du côté des femmes, le constat n'est pas meilleur. Chez les poids mouches, Zhang Weili est installée à la 5e place malgré une lourde défaite contre Valentina Shevchenko pour sa seule tentative à 125 livres. Chez les poids coqs, Luana Santos grimpe sur le podium à la 3e place après son succès sur Karol Rosa, un classement démesuré par rapport à son historique.

Si l'idée de s'appuyer sur des données purement factuelles pour forcer les athlètes à rester actifs est louable, Meta et l'UFC vont devoir sérieusement ajuster leur algorithme pour éviter que ces classements technologiques ne deviennent la risée du monde du MMA.


Source : Lindyssports