Lors d'un entretien accordé au magazine Rolling Stone en marge de l'UFC Freedom 250, Dana White a révélé qu'Anderson Silva refusait catégoriquement de lui parler. Cette rupture persiste malgré les années de collaboration fructueuse qui ont permis à l'organisation américaine de franchir un cap crucial dans son expansion mondiale, portée par l'aura du champion brésilien chez les poids moyens.

Le point de bascule de cette relation professionnelle s'est joué lors de la dernière décennie, lorsque l'ancien roi de la catégorie est entré dans une phase de déclin. Dana White a mis en avant l'âge de l'athlète et une série d'échecs pour justifier sa position. Le chef d'entreprise a ainsi rapporté la réaction indignée du combattant, qui contestait la légitimité de son employeur à lui dicter la fin de sa carrière.

La réalité comptable de cette fin de parcours nuance toutefois les propos du dirigeant. Si Dana White évoque une suite de huit ou neuf revers consécutifs, le bilan officiel du Brésilien affiche sept défaites sur ses huit ultimes apparitions, se concluant par une série de trois revers avant son départ en octobre 2020. Les premiers signes publics de cette fracture étaient apparus six ans plus tôt, lorsque le promoteur avait annoncé la retraite de sa star face aux journalistes après son revers par TKO contre Uriah Hall, sans que le principal intéressé n'ait validé cette communication.

Soucieux de poursuivre sa route malgré le veto de sa direction, Anderson Silva a finalement été libéré de son engagement contractuel alors qu'il lui restait un affrontement à honorer. Cette séparation abrupte a permis à l'ancien champion, aujourd'hui âgé de 51 ans, de concrétiser ses ambitions en boxe anglaise, une transition que sa précédente exclusivité l'empêchait de réaliser. Sur les rings, le Sud-Américain a signé un bilan de quatre victoires pour une seule défaite, concédée aux points face à Jake Paul en 2022.

Cette rancune s'est manifestée de manière spectaculaire en 2023 lors de l'introduction d'Anderson Silva au Hall of Fame de l'UFC, une cérémonie prestigieuse que l'ancien champion a choisi de boycotter. Pour Dana White, cette situation conflictuelle représente un grand classique de sa fonction, liée à la difficulté psychologique et financière pour les têtes d'affiche de quitter la lumière et l'adrénaline des grandes arènes au moment opportun.


Source : MMA Junkie